À film alternatif, critique alternative !

J’ai demandé à des personnes engagées dans le féminisme et la sexualité de faire la critique d’Une dernière fois. Voici quelques uns de leurs retours :

« Ce film est un cadeau.

Multidimensionnel, sincère, sans filtre, où la frontière entre le jeu et le réel m’est restée tout du long inaccessible.

J’ai l’habitude de me toucher devant du porno, et avec “ma dernière fois”, c’est le porno qui m’a touché.

J’ai aimé la façon dont était filmé.e.s les êtres : j’ai aimé comme les génitaux étaient présentés à valeur égale aux autres parties du corps. 

Et c’était excitant. De parfois sentir de la chaleur face à un cou, à des cheveux, à des ongles à des mouvements. Tout cela, porté par une musique à l’intensité parfaite pour rendre le tout…symphonique.

J’ai aimé la façon dont la lumière était placée : sur l’humanité des personnages. Leurs caractères, leurs réactions, leurs visages, leurs communications.

Un voyage où je me suis laissé porter. Quelque chose de sincère. De réel. Qui donne envie de faire l’amour.

J’ai ri aux éclats parfois, puis j’ai eu les larmes aux yeux, et j’ai même pleuré.

Ce film est une trace de vie, qui s’est apposée doucement sur la mienne. Comme un partage, une caresse qui se fait par l’art et l’oeuvre, et qui m’a laissé sur un sentiment de gratitude.

Alors merci. C’était très beau. »

@o.s.m.o.s.e de @tds_vs_grindrr (handle Instagram)

« Mais quel beau film ! J’ai versé ma petite larme mais pas de tristesse, j’ai été émue par la beauté des moments. Salomé est maîtresse de son désir et nous rappelle que le sexe peut être varié mais surtout qu’il peut et doit être beau. En plus il y a une diversité dans les acteurs, presque chacun peut s’identifier à un personnage ou à un fantasme. »

@vismaviedetds (handle Instagram)

« D’abord une impression générale de douceur. Le visionnage m’a fait l’effet d’une bulle de coton. C’est un film d’une extrême bienveillance. C’est aussi un film qui cherche la vérité, philosophique et naturaliste. Il questionne le désir, les normes, évoque le choix ou le non-choix de maternité, ce qui fait une vie réussie. Et une vie réussie c’est une vie où l’on choisit. Même le moment de sa propre mort. Toujours avoir la pleine conscience des choses, rester la maîtresse de sa vie, d’un bout à l’autre. Brigitte Lahaie est iconique dans ce rôle, vulnérable et puissante à la fois. Elle accompagne des scènes de sexe qui montent crescendo avec chaque nouvel amant ou amante, en douceur encore une fois. Des scènes qui ne finissent pas toujours sur un orgasme, proches de la “vraie vie” : l’objectif qui se décale, le grain de la peau au bord des yeux, des angles à contre-courant du porno mainstream. Une Dernière fois c’est 1h10 de beau sexe, de légèreté, de sensualité, de délicatesse. Une Dernière fois, en somme, c’est 1h10 de vie. »

@IllanaWeizman (handle Instagram)

«  Salut Olympe ! J’ai vu le film et j’ai vraiment aimé. Surtout la manière dont il a été écrit. C’est vraiment beau ce concept de la dernière fois et je trouve ça tellement original pour un porno. Au final c’est le personnage qui filme, et sa voix, qui m’ont le plus marqué (avec la magnifique scène où elle est filmée floue). Bien sûr le perso de Brigitte Lahaie enfin Salomé est au cœur de l’histoire mais j’ai été gêné par son jeu j’ai trouvé qu’elle récitait beaucoup et ça donnait mal, et au final par ses réflexions à celle qui filme, elle attire vraiment l’attention sur cette personne. En tout cas je trouve le concept vraiment fort et la durée est frustrante je voulais suive Salomé encore plus longtemps ! Et je le redis l’écriture est vraiment belle c’était comme mater un Desplechin mais en gonzo porn ! »

@violenteviande (handle Instagram) 

« Franchement, c’était dingue, car j’ai été chamboulé sur mes perceptions.

En voyant le trailer, j’avais tout de suite des à prioris sur la capacité de ce film à m’exciter. Ce qui est, oui, ce que j’attends d’un porno, éthique, féministe ou pas. Et… au bout de 2 minutes 30, mon ventre se retourne déjà à la première pression de son doigt sur son clitoris, qu’on ne voit même pas. La pudeur de la réalisation de cette scène, mêlée à sa liberté en même temps, fiou.

Ensuite, je suis troublé : est-ce une fiction, est-ce scénarisé ? La frontière est ténue, je n’arrive pas à décider.

Ces corps nus que je n’ai pas l’habitude de voir : leur âge, leur corpulence, leur handicap, ils arrivent à me mouvoir. Parce que c’est intime, parce que j’y crois, parce que c’est vrai alors que ça ne l’est pas.

Je suis triste des cassures de rythmes dans cette scène entre eux deux, au début.

La tension monte quand elle se touche et qu’il l’accompagne, puis redescend d’un coup sur le léchage de pied. (Ok, je découvre ensuite que tu l’amènes exprès pour son coup de “à chaque fois les femmes aiment”, j’écris en regardant, tu me pardonneras.)

Et là, Arsène arrive et je me dis, comme ce que j’aime à faire dans les films (pas porno, en général) : est-ce qu’Olympe va me faire défiler 12 mecs qui sont autant de figures des problèmes structurels des hommes non déconstruits dans le sexe ? J’ai hâte de savoir.

Puis là je me rends compte que j’ai tort. Que non, tu n’as pas sorti tes gros sabots. Et tant mieux.

Tu vas l’accompagner dans ses dernières fois, et j’ai envie de continuer, de les vivre avec elle. Que j’y croie, à ce do-cul-mentaire.

L’intimité de la scène de couple, je n’avais jamais vu ça… J’en suis même venu à douter de leur couple dans la vraie vie, même si je ne pense pas (et pour être tout à fait honnête, pour une seule raison, un baiser que j’ai senti réfréné à une micro-seconde dans la scène, les rendant étrangers d’un coup). La beauté des topshots et de leurs corps entremêlés blancs et noirs, wow. Dans cette scène, je suis un peu triste de la perdre, Salomé. Elle est en second plan, son plaisir aussi, et c’est elle à qui je suis le plus attaché.

Je viens de finir, excité par le squirt, mais un peu triste pour Salomé. A-t-elle vraiment vécu sa dernière fois ? N’a-t-elle pas seulement partagé les fois d’autres personnes ? Oui, elle le dit à la fin, et c’est beau que sa dernière soit une première, mais j’avais envie de la voir jouir, décoller, vivre, un peu plus peut-être.

Puis pour t’ouvrir mes pensées :

Tous ces plans sur les visages, mains, et surtout bites des mecs, un peu en female gaze, c’était superbe.

Le plan de la main d’Arsène à travers son pantalon quand il la lèche.

Le plan de masturbation du couple au sol.

Le plan de l’homme de fin, quand il a son sexe presque dans la caméra.

Enfin, j’attends d’un porno qu’il m’excite assez pour avoir envie de me masturber, d’être avec elleux. Ça n’a pas été le cas ici, les moments qui ont chatouillé l’arrière de mon crâne et de mon ventre n’ont pas su, pour moi, monter en tension assez fortement pour le déclencher. Soit dans le plaisir trop succinct, soit dans la durée des plans, je ne saurai pas te dire mieux pourquoi. »

@Aneqdotes (handle Instagram)

“C’est pas facile de filmer la réalité, ça peut paraitre moche et inintéressant, mais là c’était juste beau et émouvant.” 

“Je veux pas spoiler, mais Sandra n’a pas qu’une voix sexy.”

“C’est ça qu’on veut ! Des vrais corps, des chattes poilues, le bruit de la mouille et des mecs qui mettent des capotes !”

“J’aurais kiffé voir plus de techniques en gros plan. Le cunnilingus avait l’air si beau.”

@Jouissance.club (handle Instagram)

« C’est un film qu’on a vécu entre le documentaire et un film de cul. Disons qu’il nous a fait réfléchir sur ce qu’est le porno, et cette prise de recul est à la fois intrigante et inattendue. On a été très agréablement touché par la diversité des corps, la diversité des pratiques, des identités et des sexualités. On parle de plaisir, et ce plaisir, dans “Une dernière fois”, n’a ni tabous ni frontières. 

On se souviendra des belles images et des plans qu’on a pas l’habitude de voir dans la porno mainstream: des gros plans sur les pores de la peau, des flous, des poils, le bruit des fluides ! Et enfin des vulves au centre de l’image, avec des cunnis qui durent ! On en oublie presque la musique parfois trop présente en fond de certaines scènes, le silence des respirations a tout autant à dire. 

Ce qui a été pour nous le véritable coup de force de ce film, c’est que le thème, sans vous spoiler, est l’âge. Pourtant, il n’y a aucune barrières d’âge dans les relations sexuelles et les attirances des un.e.s envers les autres, quand bien même c’est un sujet récurrent entre les différents personnages. 

Quand on visionnait le film, je me souviens avoir demandé à ma partenaire: t’as envie de te toucher toi ? A cette question, je l’entends me répondre qu’elle est excitée intellectuellement. Oui, que ça titillait son intellect, et qu’elle y repenserai avec de l’excitation physique probablement plus tard, après l’avoir digéré. C’est que ce film chamboule les repères de ce qu’on est habitué.e.s à voir. On ne veut pas en perdre une miette. Elle continue en me disant que lorsqu’elle regarde du porno mainstream, elle essaie d’oublier la mise en scène, le jeu pathétique des acteur.ice.s, le fait que ça ne lui ressemble pas, et prendre uniquement ce qu’elle a à prendre pour se donner du plaisir. Là, elle est submergée et interloquée, elle est intéressée et regarde les images “pour de vrai”. 

C’est de cette manière que je décrirais l’émotion qui a circulé en nous tout au long du film. On devient beaucoup plus sensible à ce qui s’y passe, au scénario, de sorte qu’on ressente aussi des émotions à la fin du film, comme un dénouement qui va au-delà du sexe. C’est en véritable qualité de film, avant d’être un film porno, que l’on a vu “Une dernière fois”. 

Pour nous une dernière note, puisqu’on ne peut passer à côté d’une critique de la scène de sexe entre Sandra et Salomé: génial ! On sort vraiment des scripts lesbiens mainstream. Il y a beaucoup de caresses, et c’est vrai de manière général dans le film. On aime  qu’elles puissent dire “on a fait l’amour”, alors qu’elles ne se sont quasiment pas masturbées mutuellement. Merci de nous faire nous poser cette question qu’on oublie trop souvent: avec qui ai-je “fait l’amour” ? Et d’ailleurs, c’est quoi faire l’amour ? Merci ! 

TW: attendez-vous à voir des gros pénis en gros plans, avec le prépuce tout ça, on était pas prêtes ! 

@sapphosutra (handle Instagram)

Le retour de Desculottées est sur son site :

« J’ai eu la chance de pouvoir regarder « une dernière fois » le film de Olympe de G avec la participation de Brigitte Lahaie en avant-première. « Une dernière fois » offre un accueil chaleureux dans la réalité touchante de Salomé qui aime sa vie et qui aime l’idée de la finir en beauté. L’intimité change alors de définition : on a trop souvent réduit celui-ci à ce qui se passait sous la couette… pourtant là, c’est bien au-delà des corps et de la nudité, on en voit bien plus. Tout au long du film, doucement et avec bienveillance, la caméra de Sandra déshabille Salomé même quand elle ne porte pas de vêtements. Ce qui est appréciable aussi, c’est de voir un film qui met en scène la vie sexuelle d’une femme de plus de 50 ans sans la présenter comme une « cougar » ou une « assoiffée de sexe » … juste une femme comme une autre. La beauté se trouve dans les détails pourtant devenus invisible dans notre vie : les silences, les gestes maladroits, les grimaces, les caresses, la sueur, les regards, les rides, les cheveux en pagaille etc… finalement, c’est ce qui fait tout le charme de notre animalité.

Le sexe c’est une question de goût, certes nous n’avons pas tous les mêmes fantasmes et les mêmes exigences et c’est d’ailleurs bien ce que l’on comprend avec les différents partenaires de Salomé. Pour conclure, « une dernière fois » filme la tranche de vie d’une femme qui s’explore sexuellement. »

@lecul_nu (handle Instagram)

« C’est mon premier porno féministe donc je ne peux pas comparer, en tout cas ce qu’il y a d’excitant dans « Une dernière fois » c’est la présence du consentement, tout le temps, les partenaires se parlent et demandent, avant l’acte, pendant, après. Elles et ils osent dire ce qu’elles et ils aiment ou n’aiment pas. Et puis, voilà des personnes qui n’ont pas de corps olympiques, voilà une réflexion sur le regard porté par celle qui tient la caméra. En somme, de la pensée, de la parole et de la baise, on aimerait voir ça plus souvent. »

@mrtnpage (handle Instagram)

« Une dernière fois est un film que j’avais à la fois hâte et peur de découvrir. J’envisageais ce film comme un tournant du cinéma pornographique et j’avais peur d’être déçue. Tout de suite, la façon dont le thème principal a été abordé m’a émue. Salomé, une femme de 69 ans (personnage interprété avec brio par Brigitte Lahaie, aussi touchante que sublime dans ce film) décide de prendre le contrôle de sa vie en choisissant sa mort (par euthanasie en Suisse), et en planifiant sa dernière fois. Elle passe une annonce dans le journal pour trouver son partenaire idéal pour ce moment tellement important. Cette recherche est documentée par une jeune femme (la divine Heidi Switch, bouleversante), qui s’interroge à la fois sur le choix de Salomé et la questionne sur ses désirs, ses peurs, ses incertitudes – qui la renvoient à ses propres questionnements. 

Bien au-delà d’un film pornographique comme on les imagine aujourd’hui, “Une dernière fois” est un film d’amour, d’amour de l’autre, d’amour des autres. C’est une ode à la vie, à la joie, à la tendresse. Le sexe n’est pas traité comme un automatisme, mais comme une mélodie dont les notes varient de l’un à l’autre. Plusieurs types de sexualités sont envisagés, les corps sont multiples et les anatomies variées. Ce film inclusif met en lumière la pluralité des relations sexuelles. Le consentement, le respect de l’autre et la douceur sont mis en valeur avec subtilité et intelligence, évitant ainsi l’écueil du film moralisateur. 

Qu’il est rafraîchissant aujourd’hui de voir naître de telles merveilles d’intelligence, de douceur et de bienveillance dans le monde de la pornographie. La sexualité n’est pas un fin en soi, comme le dit le personnage de Salomé “le but c’est de se sentir vivant”. Ce film aide aussi à se sentir vivant. Ce n’est pas juste un film de sexe que l’on regarde sans émotion. Ici, l’émotion est presque tangible. Les personnages sont touchants dans leurs contradictions et dans leur vulnérabilité. Cette humanité des personnages est renforcée par une sublime photographie et une très belle bande son. Le corps est ici une oeuvre d’art dans sa simplicité, sans artifices.

Un vrai bijou, un film d’utilité publique. »

@capucinedechocqueuse (handle Instagram)

« Un film humain, un porno sentimental et alternatif différent, où l’on voit une femme choisir la vie qu’elle a envie de mener, et où, pleine de pudeur, elle se livre à nous, nous faisant nous questionner sur notre manière d’appréhender le sexe en général et le porno en particulier.

L’érotisme est omniprésent et permet de montrer la beauté d’une femme qui assume ses désirs et de démanteler les clichés qui font barrière à notre combat d’aujourd’hui.

Pleine de douceur, tu nous montres qu’il n’y a pas un féminisme, comme il n’y a pas une façon de montrer le sexe à l’écran. »

@mydearvagina (handle Instagram)

« Un “do-cul” fiction bourré d’humanité. 

Ce documentaire nous immerge dans l’intime, dans tous les sens du terme. 

C’est la première fois que nous voyons un long métrage de ce type. D’abord interloqué.e.s, nous avons rapidement plongé dans l’histoire sans nous en rendre compte.  

Une superbe diversité des corps et identités. 

Brigitte Lahaie toujours touchante et sublime.

Un scénario engagé qui nous a beaucoup touché, tant par l’approche philosophique que par la justesse de la mise en scène, caméra à la main, voix de la réalisatrice fictive dans le creu de l’oreille.

La mise en abîme et les outils de captation passant d’un personnage à l’autre et parfois même en vue subjective, nous glissent du rôle de spectateur.rice à acteur.rice et vice-versa. La temporalité réelle des coulisses du tournage nous rend complices et nous partageons l’attente de Salomé, amplifiant l’attachement et la tension sexuelle. Un jeu de rôles habile où tous les acteur.rice.s sont important.e.s, y compris nous.

On discute ici du “sentiment d’être vivant.e” que la sexualité procure pour questionner, en miroir, la fin de vie. Un essai pornographique surprenant sur lequel nous n’aurions peut-être pas misé de prime abord mais qui nous a pris de court et fait vibrer.

On mouille et bande enfin devant la “vraie réalité”, les bruits, les déconvenues, les peaux abîmées, les traces de corps qui vivent, tout en se laissant séduire par l’histoire de Salomé. 

Merci pour l’absence de fellation!

Merci de l’attention portée en particulier sur les corps des personnages féminins. 

Merci pour tous ces cunilingus ainsi que tous ces plans serrés sur les caresses et les doigtages! 

Merci de montrer un rapport sexuel où les corps ne matchent pas quand JB n’arrive pas à donner du plaisir à Salomé. Le cul, ça ne fonctionne pas toujours!

Merci de ne pas avoir réduit la sexualité aux pénis et pénétrations pénis/vagin qu’on ne voit d’ailleurs pas avant 30 minutes!

Merci de ne pas avoir montré de sperme!

Merci pour ce look queer as fuck de Mickaël!

Un immense merci au soin apporté à tous ces détails qui rivalisent sans conteste le porno mainstream et nous font un bien fou. QUEL BONHEUR!

Merci pour les notions féministes qui s’accumulent tout au long du film et démarrent dès les premières scènes. Consentement, remise en question du cliché clitoridienne/vaginale, règles, préservatif systématique (Le Planning Familial applaudit mais se questionne sur la méthode de pose), choix d’enfanter ou non, une longue liste amenée de façon légère et naturelle qui nous rappelle que le cul fait dans le respect de toustes est une valeur fondamentale.

Un film qui souligne que l’intime est politique.

UN GRAND BRAVO!

Parce qu’il faut bien échanger sur les couacs, voici les quelques points que nous avons notés.

Le démarrage du film se fait avec une caméra et une photographie un peu brusque et brute mais qu’on finit par oublier au cours du visionnage.

Lors d’un dialogue entre Salomé et Sandra, la testostérone est liée à un pénis, hors les deux ne sont pas forcément liés. Nous pensons ici à nos adelphes trans et intersexes.

Nous avons beaucoup confronté nos ressentis face à la rencontre de Salomé avec le couple.

Tout d’abord, nous aurions aimé que l’acteur choisi pour la scène avec le couple ai un pénis de taille standard pour continuer de dénoter des habituels porno qui véhiculent ce cliché et hypersexualisent les hommes noirs.

Aussi, si l’enjeu de cette séquence est d’aborder le voyeurisme, nous sommes passé.es à côté et nous attendions à une interaction, même rapide comme un échange de regard. Sans ça, cette scène donne l’impression que la dernière fois de Salomé ne pourrait se faire que par procuration alors qu’on comprend que Salomé veut être actrice de sa dernière fois et non passive, cette scène dénote des autres. 

Pour finir, nous trouvons dommage que la dernière séquence ne soit pas filmée un peu plus crûment, ne serait-ce qu’au début pour représenter au mieux la pluralité du sexe entre femmes. En effet, nous sommes toustes au courant de la représentation bien trop douce de ces rapports et aimerions briser une bonne fois pour toutes ce cliché. 

ON VEUT DU SEXE BRUTAL ENTRE FEMMES!

Pour aller jusqu’au bout de notre réflexion, nous avons trouvé dommage que contrairement à l’excitation des personnages masculins, celle des personnages féminins ne soit pas explicite avant “l’apothéose fontanesque”. Où est la cyprine ? 

Pour conclure, nous trouvons que la phrase dite par Salomé “Je pense qu’on peut filmer du sexe sans filmer mon sexe” donne une direction pour toute une nouvelle génération de réalisateur.rice.s de films érotiques et pornographiques. 

Merci à toute l’équipe du film et tout particulièrement Olympe de G d’en être les figures de proue et de nous avoir fait partager cette aventure peu commune. »

@payetabi (handle Instagram)

« J’ai cherché la définition de la pornographie. Porno vient du grec pórné (prostituée) qui vient lui-même du latin prostituere (vendre, se vendre) et gráphô (écrire).

Ça m’a parlé et ça ne m’a pas parlé quand j’ai vu ton film. Si la pornographie est le média privilégié de nos transgressions, de nos fantasmes et de la censure dévoilée, alors je trouve que ton film en est un digne représentant. Ce n’est pas un film de cul, ni sur le cul, mais bien sur l’existence humaine et les angoisses et questionnements qu’elle génère chez chacun de nous. 

Regarder un film pornographique c’est forcément adopter une posture de voyeurisme, être le témoin anonyme et invisible de la sexualité des autres. Cette posture, tu l’as poussée à son paroxysme. Avec cette idée de la dernière fois avant la fin, tu dis un message fort : on ne peut pas se souvenir de la dernière fois qui précède la mort. Et pourtant le sacré d’une dernière fois, comme le sacré d’une première fois, est honorée et célébrée dans ton film. Cela nous parle de dépasser l’oubli et l’éphémère pour vivre ce qu’il y a d’encore présent. Et pourtant c’est bien de faire l’amour avec la mort assurée dont ton film parle. La mort comme un choix de vie. Comme c’est paradoxal et intriguant. Salomé, la mort en devenir, et ses potentiels amants et amantes dans leur quête de transgresser la mort, la vieillesse, le temps. D’ailleurs au départ j’étais déçu du choix des profils très clichés : l’handicapé (ou notre rapport entre l’impuissance et la toute puissance), le couple (ou notre féminin et notre masculin), la garçon manqué en lesbienne absente (ou la question du genre), le jeune romantique (ou le bon fils dédié au plaisir de maman), l’homosexuel refoulé (en chacun de nous), la grosse d’une grande sensualité (ou la question de l’esthétique et de la dictature de la beauté codifiée), et bien sûr la femme d’âge mûr (ou notre rapport à la mort). J’ai hésité à utiliser ces termes forts pour identifier les personnages. Et puis je me suis dit que si je faisais du politiquement correct, ça cacherait justement un malaise et de la discrimination ordinaire. Mais derrière les archétypes que tu as choisis, le message est clair : face à la mort, tout le monde y passe. Alors je me suis ravisé sur les clichés, car ça m’a amené à réfléchir plus loin. 

Et puis il y a cette pudeur et cette fragilité. La mort qui ne supporte pas de voir son sexe, comme le refus de revenir à la case départ, son origine du monde à elle aussi. La mort n’étant pas l’opposé de la vie comme beaucoup le croient mais bien l’opposé de la naissance. L’impuissance de l’handicapé à faire éjaculer Salomé, car on ne séduit pas la mort avec une fontaine de jouvence. La beauté d’Adam et Ève et la naissance du monde, à laquelle la mort ne peut participer et est mise à l’écart, la pudeur du bon fils qui reste habillé et que Salomé remercie pour sa petite mort, le quarantenaire dévergondée qui jouit dans sa vulnérabilité, et Sandra qui finit dans les draps de Salomé.

La mort ne m’a pas excité, mais quelque part je suis rassuré 😉 »

@angelo_foley (handle Instagram)

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