Pute n’est pas une insulte. C’est un travail.

« Pute », « traînée », « salope », « fils de pute », « enculé », « branleur », « pédé »… les insultes en disent beaucoup sur cell.eux qui les profèrent : sur leurs peurs, leurs limites, leurs structures mentales. De la même façon que les insultes homophobes trahissent une peur profonde de ne pas correspondre aux schémas bien virils d’une masculinité patriarcale, que disent les insultes putophobes de notre façon de concevoir le sexe ? Les transactions financières régissent tous les domaines de notre vie. On paie pour manger, se loger, on paie pour travailler, on paie même pour mourir. Alors pourquoi les transactions financières autour du sexe sont-elles considérées encore trop largement comme un tabou, un déshonneur ? Pourquoi la figure de la pute fait-elle si peur ? Est-ce parce que comme la sorcière, elle est libre, indépendante, a choisi de vivre à la marge, de se foutre de ces morales patriarcales – fondées sur le contrôle du corps des femmes – qui régissent nos sociétés ?
Les insultes sont un point de départ intéressant pour questionner nos schémas de pensée, nos peurs, nos mépris de classe, de sexe, de race. 
Quels qu’ils soient, il reste les faits : le travail du sexe est de fait un travail. Quels que soient les stigmas qui pèsent sur la rémunération de la sexualité, les TDS travaillent, répondent à des besoins, et méritent des droits égaux à ceux de tous les autres travailleurs et travailleuses. Les TDS méritent de travailler en sécurité. Les TDS méritent le respect de leurs compétences et de leur profession. Les TDS méritent le respect de leurs droits, en tant que personnes, en tant que travailleurs et travailleuses.

VOXXX et le travail du sexe

Chez VOXXX, pendant le confinement, on a essayé — à notre humble mesure — de soutenir le télétravail des travailleurs et travailleuses du sexe. On a commandé à nos performers porno préférés des épisodes spéciaux, qu’ils et elles ont enregistrés à la maison, avec leur smartphone ou leur matos audio perso. Je suis très heureuse de cette série d’épisodes faite « à la guerre comme à la guerre », pour reprendre un vocabulaire guerrier que pourtant je n’aime pas. Je veux dire par là : malgré tout. Sans studio, sans ingée son, sans direction de jeu en direct, mais avec beaucoup d’envie et d’amour.

Si vous en avez les moyens et que vous voulez aider les performers de porno à conserver des revenus pendant le confinement et jusqu’à ce que les tournages reprennent, j’aimerais vous encourager à contacter directement celles et ceux que vous aimez et suivez sur les réseaux sociaux. Et à leur demander si vous pouvez leur commander des audios privés, par exemple. Ou des photos, des vidéos. Ou bien juste à leur faire un don !

Depuis le début du confinement, on a aussi essayé de mettre à profit l’extraordinaire audience de VOXXX et COXXX pour alerter un maximum sur la situation des travailleurs et travailleuses du sexe les plus précaires, souvent des prostitué.e.s, travaillant dans la rue, qui sont encore plus précarisé.e.s par la crise actuelle. Ces dernières semaines, de nombreux élu.e.s ont tiré la sonnette d’alarme auprès du gouvernement sur la situation dramatique de ces TDS que le confinement empêche de travailler, qui se retrouvent sans logement, sans ressources, et qui font face à une extrême pauvreté. Ces élu.e.s ont demandé que l’enveloppe consacrée aux « parcours de sortie de la prostitution » soit utilisée pour subvenir à l’urgence humanitaire. Mais Marlène Schiappa a répondu « qu’il est très compliqué pour l’État d’indemniser une personne qui exerce une activité non déclarée telle que la prostitution ». Pourtant, exercer un travail sexuel en France est légal, doit être déclaré, et oblige à payer des impôts et des cotisations sociales. Même au plus fort d’une crise qui touche tout le monde, les TDS sont invisibilisé.e.s, ignoré.e.s, mis.es en danger. Nous avons donc, en tant que citoyen.ne.s, pris le relais, et donné aux cagnottes d’urgence organisées par le Strass, Acceptes-T (FAST), Griselidis, le Bus de Femmes, Tan Polyvalence. Et encouragé au don, encore et encore.

Nos appels au don à ces cagnottes de soutien aux TDS pendant le COVID-19 ont dérangé. Il y a des personnes qui écoutent VOXXX et COXXX, et qui pensent que la prostitution c’est mal, le porno aussi, qu’on ne doit pas encourager le travail du sexe car c’est participer à l’oppression des femmes. C’est un point de vue classique, traditionnel même, et récurrent, c’est tout le débat entre féministes abolitionnistes et féministes pro sexe. Il a fallu faire de la pédagogie et expliquer que VOXXX EST aussi du travail du sexe. Du travail du sexe fait par choix et convictions. Que consommer des contenus de nature sexuelle, mais refuser de soutenir les personnes qui le portent, ce n’est pas cohérent. Ce manque de cohérence n’est pas surprenant. Il suffit de mettre côte à côte les audiences du porno mainstream — un tiers du trafic internet mondial quand même — et le mépris immense auquel doivent faire face les actrices X, même après avoir cessé le porno.

Bref, recevoir des messages de personnes indignées que l’on soutienne les TDS nous a rappelé… qu’il y a encore du boulot ! Alors voilà. Je suis particulièrement fière de cet épisode avec Joss Lescaf, parce qu’on y parle de travail du sexe de façon excitante et bienveillante. Ça parle aussi de quelque chose qui me tient à cœur depuis que je me suis lancée dans le porno : l’idée que les femmes aussi puissent faire appel à des professionnel.le.s du sexe. Parce que parfois, quand on est une femme célibataire qui enchaîne les dates foireux, qui dépense plein d’argent dans des cocktails pour finir au lit avec une personne qui baise sans les mains et comme un pied, hé bien cette pensée vient : pourquoi ne pas payer quelqu’un qui ferait ça BIEN ? Et cette envie s’installe, et c’est juste qu’on n’ose pas, qu’on ne sait pas à qui s’adresser. Et pourtant… pourquoi pas ? Le travail du sexe est un travail comme les autres. Qui vient répondre à un besoin comme les autres. Merci à @joss.lescaf d’avoir accepté d’incarner ce personnage, il l’a fait avec beaucoup de chaleur et de tendresse. Écoutez l’épisode, il est sur boxxx.org pendant 24 heures. Puis il sera sur voxxx.org. Et dites-moi ce que vous en avez pensé 🙂

“Une dernière fois” bientôt sur vos écrans

Kidam, Topshot Films et Olympe de G. production sont fier.e.s de vous annoncer que le 6 juin 2020, à minuit, sort sur CANAL+ le premier long métrage d’Olympe de G. et le premier film pornérotique de Brigitte Lahaie depuis 1995.

Le synopsis

Salomé, 69 ans, belle femme, en pleine forme, refuse de vieillir plus avant dans cette société qui fait aussi peu attention aux personnes âgées. Elle a décidé de programmer sa disparition. Elle nous quittera en juin 2020, en beauté. Cette dernière année de sa vie, elle va la consacrer à  prévoir son dernier repas, sa dernière promenade, sa dernière folie… Mais surtout la dernière fois qu’elle fera l’amour. Quand on est une femme, on passe des mois, voire des années à rêver sa première fois. Pourquoi pas sa dernière ? Pour Salomé, qui a toujours donné au sexe une importance capitale, et dont la capacité à jouir de son corps et du corps de ses amants n’a fait qu’augmenter avec les années, ce dernier moment de sexe doit être comme le bouquet final d’un feu d’artifice. 

Ce 2 décembre 2019, Salomé est matinale. Suivie et aidée par Sandra, une documentariste, elle a organisé un casting de prétendants à  cette ultime partie de jambes en l’air qu’elle veut grandiose, touchant à l’absolu. Dans son salon, sept personnes vont se succéder. Elle va s’entretenir avec elles, puis les « tester » les unes après les autres. 

Les corps des candidats diffèrent ; les fantasmes et les pratiques sexuelles aussi. Au fil de la journée, Salomé réalise qu’elle ne s’est jamais sentie aussi vivante et aussi libre que depuis qu’elle sait qu’elle n’a plus rien à  perdre : elle ose tout, se découvre des penchants insoupçonnés. Après chaque entrevue, elle confie à Sandra ses impressions, son ressenti. Au fil des heures qui passent, et de ces moments de jouissance exposés sans pudeur aucune, une vraie complicité s’installe entre les deux femmes. Un léger trouble, aussi… non ? 

Qui Salomé choisira-t-elle pour passer un ultime moment de plaisir et d’intimité ? Un indice : cette dernière fois sera aussi pour Salomé une première fois. Toute fin n’est-elle pas aussi un commencement ?

Un film manifeste 

Il y a le film fini, et nous en sommes fièr.e.s. Mais il y a aussi ce sentiment que la vérité est un peu ailleurs. Il y a pourquoi on a fait ce film, avec qui, et comment. Il y a tout le cheminement et les espoirs placés dedans. Une dernière fois est un film X, un film petit budget, un film ambitieux, mais surtout, c’est un film engagé. Un film manifeste. 

UN FILM DE FEMMES écrit par deux femmes, porté avec passion par une productrice et une réalisatrice, et concrétisé grâce à l’engagement d’une équipe 60% féminine. Le cinéma en général, et le porno en particulier, ont besoin des femmes pour évoluer positivement. Poser un regard “female gaze” sur le sexe est rare, dans ces industries.  

UN FILM INCLUSIF, devant et derrière la caméra. À l’image, vous verrez des corps de toutes les couleurs, tailles, formes, des corps jeunes et âgés, valides et non valides. La beauté se trouve dans la diversité, pas dans la standardisation.

UN FILM DÉCOMPLEXÉ qui se contrefiche de la performance. Pas de scénario phallocentré, le plaisir féminin est montré comme il est dans la vraie vie : parfois avec pénétration, parfois sans, parfois avec orgasme, et parfois pas. L’alchimie n’est pas toujours au rendez-vous. Le consentement explicite, si. 

UN FILM ANTI-SEXISTE ET ANTI-RACISTE qui prend le contrepied des stéréotypes de genre et de race trop fréquents dans les films X. Et les films tout courts.

UN FILM FAIT AVEC FIERTÉ qui prend son genre cinématographique — le porno — au sérieux, et qui refuse d’être tourné hâtivement ou au rabais. Le sexe, c’est beau, c’est la vie ! Et ça mérite d’être filmé avec autant de soin et d’amour que n’importe quelle autre histoire. 

UN FILM ÉTHIQUE qui veille à ce que les conditions de travail soient optimales. Salaires équitables, scènes de sexe définies et discutées avec la plus grande précision en amont, horaires de tournage respectueux, création de formulaires de consentement pour chaque membre du cast, et présence d’une coordinatrice d’intimité sur le tournage, et tout au long de la production sont quelques unes des mesures que nous avons mises en place pour donner vie à ce film.

Photo de plateau par Laure Bourdon Zarader

Le consentement 

Comment faire un film qui parle de sexe et qui montre du sexe non simulé, sans inscrire en son cœur la question du consentement ? 

Le sujet du consentement traverse le film. Les actes sexuels qui y sont représentés sont négociés, à l’écran, entre les personnages : les prétendants de Salomé lui demandent son autorisation avant de la toucher, de l’embrasser, de la pénétrer. Salomé exprime clairement ses limites. Quand ça lui fait mal, ou quand ça l’ennuie, elle le dit. Parce que si des personnes essaient de reproduire ce qu’elles voient dans les films porno… autant montrer qu’un consentement explicite est sexy, fluide et naturel. 

Au-delà de ce que le film donne à voir, la pré-production d’Une dernière fois a été l’occasion de repenser et de formaliser le processus de négociation du consentement entre les performers. C’est, à notre connaissance, une première sur un tournage de porno : nous avons créé un formulaire de consentement très complet, qui rappelle que tourner dans un porno peut être stigmatisant. Qui énonce les droits des performers selon l’Adult Performer Advocacy Committee et Intimacy Directors UK. Qui récapitule de façon très précise les actes sexuels inclus dans le script du film. Qui permet aux performers d’indiquer précisément, grâce à des schémas, les parties de leurs corps qu’ils et elles veulent bien montrer à l’image, et celles qu’ils et elles préfèrent qu’on ne touche pas. Et qui propose un QCM inspiré du BDSM, pour offrir une base de conversation structurée aux co-performers sur leurs limites et préférences. 

Autre première, à notre connaissance, sur un tournage de film porno ; nous avons mis en place un poste de coordinatrice d’intimité. C’est Lélé O, qui a une pratique très bienveillante, fondée sur l’écoute de soi dans ses performances porno, qui a endossé ce rôle crucial. Lélé a proposé à chaque membre du cast bien en amont du tournage des entretiens. Elle s’est rendue disponible pour les performers à tout moment, afin qu’ils et elles puissent lui soumettre leur moindre hésitation ou inquiétude. Elle a été présente sur le plateau lors du tournage de chaque scène intime, afin que les performers puissent lui faire signe en cas d’inconfort. Et elle a offert son écoute à la fin du tournage, afin d’assurer un suivi si nécessaire.  

Photo de plateau par Laure Bourdon Zarader

Le cast 

Salomé : Brigitte LAHAIE

La voix de Sandra : Alexandra CISMONDI

Jérôme : Arsène LACLOS

JB : Philippe SIVY

Guy : Francis MISCHKIND

Max : Joss LESCAF

Fleur : MISUNGUI

Michaël : Rico SIMMONS

Sandra : Heidi SWITCH

Photo de plateau par Laure Bourdon Zarader

L’équipe 

Productrice : Géraldine NOUGUÈS

Réalisatrice : Olympe De G.

TOURNAGE

1ère assistante réalisatrice : Morgane BERTIN

Scripte : Mélina MACIO

Directeur de la photographie : Kevin KLEIN

1ère assistante opérateur : Laurence HEINTZ

Cheffe électricienne : Clémence WARNIER

Photographe de plateau : Laure BOURDON ZARADER

Cheffe-opératrice son : Louise ABBOU

Décoration : Cannelle BEGOUG, Clémence JANESKY

Cheffe costumière – maquilleuse – coiffeuse : Mélodie GIRAUD

Renfort HMC : Axelle JÉRINA

Coordinatrice d’intimité : Lélé O

Formulaires de consentement : Karl KUNT  & Olympe De G.

Direction de production : Géraldine NOUGUÈS, Patrick DAVID

Régisseuse générale : Lisa TRUCHASSOUT

Chef cuisinier *** : Eudes BOULLIE

POST-PRODUCTION

Montage : Louis MACERA, Aurélie CAUCHY

Directeur de post-production : François NABOS

Assistante post-production : Célia CHOQUE QUISPE

Cheffe monteuse son : Flavia CORDEY

Bruiteuse : Mélia Roger

Mixeur : Armin REILAND

Assistant monteuse son : Clément CLAUDE

Effets Visuels : Cyprien NOZIÈRES

Etalonneur : Reda BERBAR

Graphismes : Karl KUNT

Typographie : Voltaire par Yvonne SCHÜTTLER

MUSIQUE

Musique originale : JB HANAK avec la participation de Cédric HANAK et Zoé WOLF

Merci

Karl Kunt, qui a vécu au rythme du film plus d’un an et y a contribué à tous les stades du projet, ma maman, pour ses relectures, Pierre Gouze, qui n’avait sans doute jamais pensé qu’il contribuerait au financement d’un film porno féministe, Ipséité, pour la beauté de ses œuvres originales, Dorothée pour son soutien inébranlable dans toutes mes folles croisades, Géraldine et Alexandra, qui ont porté ce film envers et contre tout, toute l’équipe de tournage, avec qui j’ai vécu un moment intense et émouvant, le cast tout entier dont la confiance me met des larmes aux yeux, Brigitte, devant qui je continue de me sentir toute petite, Jean-Baptiste Hanak pour son enthousiasme et son énergie intarissables au fil des ans, Lélé O, d’avoir pleuré avec moi quand c’était difficile et bouleversant, Elvire, ma courageuse et géniale marraine d’activisme, d’Instagram et de crowdfunding, Jamil d’avoir été avec nous dès le tout début, malgré des vents contraires, Louis qui a été un monteur mais aussi un allié encourageant et passionné — et nous a retiré plus une épine du pied. Et puis merci à mes ami.e.s Virginie et Magali, Béné et Fanny, Yasemin et Safiyyah, Julien et Julien, Koyote, Anna, Ibou, Liem, Jan et Jan, qui m’ont connue avant mon engagement dans le féminisme pro-sexe et ont su comprendre et sympathiser avec ma démarche. Merci aussi bien sûr à toutes celles et ceux que j’oublie et qui j’espère me le pardonneront. Enfin, merci à la communauté qui me suit, me soutient — y compris financièrement — et m’envoie des mots qui me vont droit au cœur sur les réseaux sociaux.

Portrait d’Olympe de G. sur le tournage par Laure Bourdon Zarader

Connais-toi toi-même

J’ai a-do-ré « Connais-toi toi-même » de Clarence Edgar Rosa illustré par Suzie Q ! J’y ai appris plein de choses, notamment l’existence d’un mouvement d’auto-exploration de l’anatomie féminine, le « self help », né dans les années 70 à LA, et dont ce manuel reprend le principe aujourd’hui… mais aussi qu’un col de l’utérus ressemble à un donut ou au gland d’un pénis vu d’en haut, ou bien l’origine (à chérir) du mot cyprine… bref, je vais aller m’acheter un spéculum. Merci de nous faire regarder à l’intérieur de nous ! @lamusardine.editions

Carrie Fischer

« Elle est tapée dis donc », « quelle vieille peau celle-là », « et elle en est à combien de liftings ? » … Qu’on fasse tout pour effacer les traces du temps, ou qu’on laisse passer les années sans toucher à rien, de toute façons quand on est une femme, on vieillit sous les regards acerbes. C’est une faute de goût de continuer à exister à l’âge des rides et des cheveux gris. Lâchez-nous. Laissez-nous nous fripper tranquillement et regardez-nous prendre de l’âge avec autant de tendresse que vous regardez vieillir les arbres, le vin. Ou les hommes, tiens.

Martin Page

J’ai envie de partager avec vous quelques extraits de ce live de Martin Page que je vous recommande chaudement : au-delà de la pénétration. C’est un manifeste pour une sexualité VRAIMENT libérée :

👉 débarrassée de toute injonction (il faudrait un pénis dans un vagin sinon on a pas vraiment baisé, il faudrait sucer, et avaler, sinon on est du siècle dernier)

👉 refusant toute course à la performance (t’as déjà fait un plan à 4 ? Tu maîtrises ton réflexe nauséeux pour faire des gorges profondes ? Non, et alors…)

👉 qui n’est plus conditionnée par ces sentiments de honte ou de victoire que l’on peut ressentir en se comparant à ce que est perçu comme norme (tu baises combien de fois par mois toi ? Bah, zéro. Ou alors : bah, 200).

Ce qui m’a touchée particulièrement dans cet essai, c’est qu’au-delà d’une sexualité sans pénétration, il revendique aussi la possibilité d’assumer sa non envie (ou sa non capacité) à jouir. À baiser. Et ça, je trouve ça profondément libérateur, et j’aimerais vraiment qu’on en parle plus (y compris dans le porno !). J’ai moi-même déjà passé des mois et des mois à ne ressentir aucune, mais alors AUCUNE envie de sexe, que je sois seule ou en couple. Et il m’était difficile de ne pas me sentir en faute, dysfonctionnelle, de ne pas en avoir honte. Parlons de sexe, c’est important. Parlons aussi de non-sexe, ça l’est tout autant !